Critique du film Aviator

Qui se souvient d’Aviator, le super héros en forme d’avion ? Et bien apparemment personne. Il faut dire que le comics avait fait un flop commercial lors de sa sortie en 73. Son cri de guerre « Sur cette planète, la mort vient du ciel, tremblez vilains, sur cette planète le mal ne triomphera jamais sur cette planète tant que je veillerais sur cette planète ! » est une preuve accablante du laisser-aller de ses porno gratis (deux anonymes qui ont cependant participé à l’écriture du scénario du film critiqué ici).

Mais le monde d’Hollywood est plein de surprises, et certains producteurs, voulant surfer sur la vague des succès de Super-Man, Spider-Man, Bat-Man, Bio-Man, Janjakgol-Man et des meilleurs, ont déniché ce comics oublié de tous : Aviator.

L’histoire, c’est, on peut le dire, et n’ayons pas peur des mots, le combat titanesque entre Aviator (interprété par Chuck Norris) et les MST : les Méchants Syriens Terroristes (interprétés par les Gipsy Kings, avec de fausses moustaches). Ces derniers menacent les Etats-Unis d’une attaque bactériologique et le film nous fait vivre la course contre la montre haletante du brave Aviator pour déjouer les plans diaboliques de ces « barbares inhumains » (cf le press-book). Au cours de sa mission, il sera aidé de la video porno, un robot mi-femme mi-camion (interprétée par Paris Hilton). De leur amour naitra le petit Tractochien, un robot mi-chien, mi-tractopelle.

Seule ombre au tableau de ce divertissement non-engagé : la scène de bataille finale, véritable foire aux effets spéciaux qui s’arrête en pleine action. L’issue de l’affrontement ne sera révélée aux spectateurs qu’après les 11 minutes de générique de fin. Une bonne stratégie pour faire lire les crédits dans leur intégralité, seulement, les 4 des gens quittent la salle faute d’en être informés. Mais on se doute bien que c’est Aviator qui gagne et que, en guise de fin ouverte, le gouvernement américain se prépare à riposter contre la Syrie. Ils sont comme ça les Américains. Un prêté pour un rendu. Merci Aviator.

Critique du film Star Wars : La menace fantôme

Tout aureolé de la Palme d’or qu’il a failli avoir à Cannes et même, serait-on tenté d’ajouter, qu’il aurait dû avoir si seulement tellement de films n’avaient pas été meilleurs que ce navet, ce nouveau film du prolifique réalisateur américain George Lucas débarque enfin sur les écrans français.
L’histoire aussi simple que poignante, constitue un véritable renouveau du film de genre americain, un mélange détonnant et totalement original, malgré le fait que ce soit un remake des “Sept mercenaires”, de “King kong” et de “La fille du puisatier”.
Amidala (Natalie Portman, éblouissante a cause d’un eclairagiste incompétent) passe un casting pour obtenir le rôle principal d’une sitcom après le decès de la comédienne qui tenait ce rôle, décès, on ne l’apprendra qu’à la toute fin du film, causé en realité par Natalie Portman pour prendre sa place, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise, meme si le fait qu’elle avait combinée cette mort avec l’assistance du partenaire masculin de l’actrice était vraiment surprenant, et porno español, personnellement je ne l’ai pas vu venir, bien que le voir noyer la femme en question et avouer l’avoir tuée plusieurs fois au cours du film m’avait mis la puce a l’oreille.

 

Or, Amidala découvre à ce casting la présence de nombreuses actrices fantômes, dont Shirley Temple (incarnée par Shaquille O’neal, brillantissime dans ce rôle). Les actrices fantômes menaçant de bouleverser le montant du salaire moyen des comédiens en demandant des salaires du niveau de ceux des années trente, Amidala comprend qu’il n’y a plus qu’une alternative : la guerre ! Une guerre fratricide entre les stars d’aujourd’hui et les stars d’hier.

 

De cette trame succinte, on pouvait craindre le pire et c’est avec une certaine déception qu’on constate qu’il n’en est rien. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film est sans doute le meilleur film de George Lucas, meme si les mauvaises langues diront que ce n’etait pas difficile au vu des précedents, et c’est clair qu’ils ne volaient pas bien haut mais franchement, comparés à ce dernier opus, ils ne sont quand même pas si mauvais que ça et on se prend meme à leur trouver des qualités, leur brieveté par exemple.

 

On le sait, George Lucas aime surprendre le spectateur, le plus souvent en bondissant devant lui en pleine projection du film pour lui jeter des pop corns salés dans les yeux, quand ce n’est pas en l’électrocutant par derrière avec un tazer, ou en lui tirant une balle dans le pied.
“La menace fantôme” ne déroge pas à la règle et dans ce film, ou plutôt lors des projections du film, George Lucas se démène encore comme un beau diable, malgré sa cécité. Le spectacle sera donc au rendez-vous, dans la salle comme sur l’écran, comme toujours avec George, sauf quand ce n’est pas le cas, c’est à dire souvent.
Film émouvant au possible, “La menace fantôme” est aussi un exploit technique, encore irréalisable il y a cent-dix ans (en grande partie parce que le cinéma n’existait pas). En effet, au grand dam de Lucas et contre toute attente, les stars mortes ont refusé de venir jouer dans ce que d’aucuns qualifient déjà de “film culte”, elles ont donc été recrées sur l’écran grace à la magie du cinema, par Sylvain Mirouf, qui a su insuffler au film sa “French touch”, en prenant en charge la reconstitution en pâte à modeler de trois des trente-cinq stars de l’âge d’or d’Hollywood, les trente-deux autres étant recrées sur l’écran par des ombres chinoises.
Pour pallier aux limitations de ces techniques, Lucas s’est permis quelques libertés sur le plan historique, en inventant six stars n’ayant jamais existé, incarnées à l’écran par des acteurs en chair et en os, mais tout cela avec un tel brio que ce n’est aucunement une gêne pour le spectateur, à moins que celui-ci aime le cinéma.
Oscillant sans cesse entre le film d’horreur et le film de boxe, “Star Wars : La menace fantôme” s’impose comme la nouvelle référence d’un cinéma américain décidement en perpétuelle évolution.

Critique du film Ma Sorcière Bien Aimée

Sale temps sur les cinés en ce moment, c’est moi qui vous le dis. Y’a des soirs comme ça, où l’on va insouciement consulter la filmo d’un réalisateur sur allocine, pensant si proche l’heure d’un repos bien mérité qu’on s’imagine naïvement que plus rien ne pourra en troubler la quiétude. Ce soir là l’air était frais, frais comme le regard d’un traître dans un film d’art et d’essais suédois. Je venais de clore ma dernière affaire, un cas difficile : un vieux film français des années trente qui avait mal vieilli. Au dehors les bruits de la ville s’étaient tus. Comme pour une trêve. Comme pour nous rappeler que même dans ce monde de fou, le choix du prochain éliminé de la fabrique à veaux chantants pouvait encore attendre le temps d’une lune. Les chats, les dealers, les égarés revenus convaincre un monde incrédule qu’ils sont déjà là et que l’invasion a commencé et tous les autres habitants de la nuit emmitouflaient leurs allées et venues et leurs petites affaires honteuses d’une parka de silence que seul les pales de mon ventilateur plafonnier déchiraient encore, vrombissant comme pour me prévenir que quelque chose de pourri allait arriver. Quelque chose qui vous glacerait le sang aussi sûrement qu’un tête-à-tête avec Michel Houellebecq. Et là, comme une grosse paire glacée de pognes format Castaldi (père) vous fouettant la gueule sans prévenir, elle débarque dans votre vie.

Elle ? La femme bien sûr. Il y a toujours une femme, et là, ça ne pouvait pas manquer. Une blonde, aguicheuse, avec des jambes qui n’en finissent pas et qui balancent hypnotiquement au dessus d’un balai enfourché avec la désinvolture d’une Diane Chasseresse, un nez troussé de reine d’Egypte qu’elle remuait à vous faire perdre la tête au point d’entendre sonner des clochettes. Et la voilà qui traverse mon écran, mon pauvre écran qui, dans sa platitude, peinait à rendre compte des courbes vertigineuses de ce succube tout droit sorti d’un Casablanca tourné à Poudlard avec son petit chapeau conique noir. Evidement elle avait un boulot pour moi. Un sale boulot. Un boulot puant la mort comme l’haleine d’un mangeur de kebabs. Un boulot qu’un maquereau hongrois n’aurait pas eu la cruauté de confier à un skinhead sado-maso : me rencarder sur la sortie au cinéma de “Ma Sorcière Bien-aimée”. Et moi qui voulais arrêter le whisky…
A moins qu’on ait inventé le pop-corn au L.S.D. sans m’en avoir parlé, ça promettait un moment de solitude à vous faire pâlir un admirateur de Desproges perdu dans un spectacle d’Eric et Ramzy. J’aurais pu imiter Ulysse ou Mesrine, et fuir le chant des sirènes. Mais vous le savez bien, l’homme est faible au-dedans. Tant pis pour les bonnes résolutions…

Alors évidemment je me précipite sur la fiche du film — d’ailleurs j’ai déjà oublié le nom du réalisateur, ça lui apprendra à être japonais avec un nom à coucher dehors — et j’apprends que Nicole Kidman tiendra la vedette de ce chef-d’oeuvre, secondée par Shirley MacLaine. “Pas encore morte” avais-je noté pour moi-même à voix haute, “officiellement en tout cas”. Et je gardais à l’esprit l’affaire Philipe Léotard, qui a continué à tourner longtemps après sa mort. Et moi qui voulais arrêter le whisky…

Bilan : je ne vais évidemment pas pouvoir fermer l’oeil de cette nuit, tout excité à cette idée qui m’a traversé l’esprit : et s'”ils” s’osaient, s'”ils” étaient assez fous, assez pervers, assez sadiques, pour une version longue de “La Fête à la Maison”. Imaginez un peu l’horreur avec Jerry Seinfeld dans le rôle de l’oncle Joe, un Baldwin — n’importe lequel — pour l’Oncle Jessie. Je sens que d’ici peu de temps, il faudrait que je partage ces vues cauchemardesques allongé sur un divan. En attendant, je tente de me consoler en me disant que “Salut les Musclés” n’a pas traversé l’Atlantique, juste histoire de faire taire la voix qui dit de régler ça avec une salade de pruneaux… “Papy René”… Putain … Monde de merde …. Je pourrais me remettre au turbin, coincer le salaud qui a fait ça, mais à quoi bon puisqu’un autre prendrait sa place ?

La morale de cette histoire est qu’Hollywood est une fosse sceptique qu’on n’est pas près de vider, et qu’il est somme toute logique d’en retrouver la vie en image dans des torches-culs type Entrevue ou Tele 7 Jours. La morale de cette morale est qu’il est bon pour lui qu’Hollywood s’occupe de remettre des Oscars à Hollywood car sinon qui pourrait sérieusement songer à le faire — hormis peut être le tuning touch award décerné par le tuning club de la zone industrielle de Savigny-le-Temple à “Speed-Fast-&-Furious 4 – Le retour du couillu qu’en a sous le moteur” ?

Bon sang, j’en avais gros sur la patate, dites donc . Et encore, faut voir ce que j’avais préparé sur “Da Vinci Code” avant de m’autocensurer au dernier moment. Et moi qui voulais arrêter le whisky. Sale temps sur les cinés en ce moment, c’est moi qui vous le dis.

Ajoutons à cela que l’été se meurt, chaque soir un peu plus tôt, dans le rose sanguin de son agonie vespérale à l’heure où le poète se prépare à rejoindre le chien errant au caniveau et sur une échelle de 1 à 5, soit à peine un escabeau, ce film se casse lamentablement la gueule avec la grâce d’un chanteur de hip-hop.